La rhétorique au féminin

Hayward, Annette, La rhétorique au féminin, Éditions Nota bene, Fonds (littérature), 2006, 497 p.
Prix : 
28,95 $
ISBN : 
978-2-89518-221-4

En ce début du XXIe siècle, témoin de manipulations verbales idéologiques et politiques rarement égalées, il est peu probable que l’on soit tenté de remettre en question l’importance et l’efficacité des techniques rhétoriques. Mais existe-t-il une différence entre la rhétorique des hommes et celle utilisée par les femmes? Voilà une question à laquelle répond, de façon complexe mais convaincante, le présent collectif, en explorant dans le monde francophone un domaine qui suscite depuis une quinzaine d’années une abondante littérature en anglais. 
Il est communément admis que les femmes ont longtemps été exclues de la tradition rhétorique, en partie à cause du lien de ce domaine avec le discours public, interdit à la femme. Les chercheuses et chercheurs découvrent pourtant aujourd’hui de plus en plus de textes de femmes là où l’on croyait auparavant qu’il n’y avait rien. Quant à l’époque moderne, la situation est différente, bien sûr, et la femme conquiert peu à peu ses droits à tous les genres de rhétorique, y compris (avec difficulté) celle de l’humour. Mais sa prise de parole, souvent pour affirmer une prise de position subversive ou rebelle, se fait dans bien des cas au moyen d’une prise de posture aux caractéristiques « autres ». Et même lorsqu’elle s’arroge le droit d’écrire « comme un homme », comme le dit (ironiquement) Patricia Smart, la signature fait que son texte sera lu ou reçu différemment, ainsi que nous le rappelle Lucie Joubert.